Compressions budgétaires : les CPE sont épargnés
Les directrices des centres de la petite enfance de la région sont soulagées. En effet, les compressions annoncées en mars ont été annulées par le gouvernement du Québec. Plusieurs parents et éducateurs d’ici s’étaient d’ailleurs mobilisés pour dénoncer les coupes évaluées à près d’un million de dollars dans la Vallée-du-Richelieu.
« C’est rare qu’on ait une si belle victoire. La décision de faire des compressions avait été prise par le gouvernement sans avoir toutes les informations nécessaires. Les différents regroupements des CPE du Québec ont réussi à leur démontrer la réalité du réseau et nous avons été écoutés. Nous en sommes vraiment heureux », souligne Brigitte Harvey, directrice générale du CPE Joujou de Beloeil.
Déjà forcés à jouer serré depuis les coupes de 2006, les administrateurs de CPE de la région dénonçaient en bloc la réduction quotidienne de 6,42 $ par enfant de quatre ans, qui équivalait à une perte de 17 000 $ par groupe de dix enfants.
Selon Mme Harvey, le gouvernement croyait que les classes d’enfants de quatre ans pourraient accueillir des élèves additionnels afin de compenser la perte de subventions. Or, 95 % des CPE de la Montérégie sont déjà à dix enfants par groupe de quatre ans, soit le maximum permis par la loi.
« Ces coupures insensées auraient encore obligé les CPE à couper des postes et à diminuer les services aux enfants, alors que des sommes importantes peuvent être récupérées ailleurs, et surtout, de façon plus judicieuse », mentionne la directrice générale du Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie (RCPEM), Claudette Pitre-Robin.
Reprendre les surplus
Le gouvernement reprendra toutefois les surplus des fonds de roulement de certains établissements qui sont supérieurs à 25 % de la subvention accordée. En effet, quelques CPE ont accumulé avec les années des actifs nets non affectés, notamment dus aux changements d’employés qui sont payés même les subventions.
« La subvention est calculée selon le budget de l’année précédente. Si le salaire des éducatrices changeait à la baisse l’année suivante, les CPE avaient un surplus à la fin de l’année. Ils pouvaient garder l’argent et la mettre dans le fonds de roulement pour payer les imprévus, comme des réparations sur la bâtisse, » explique Danielle Leblanc, directrice du CPE La Petite Loutre à Otterburn Park.
Environ 20 % des CPE au Québec pourraient être touchés par cette reprise financière, croit Mme Leblanc. La majorité des CPE de la région sauront la semaine prochaine s’ils sont visés par ce rappel.
« L’aspect qui nous touchait le plus était les coupes dans les subventions accordées pour les enfants de quatre ans, car on coupait directement le service, précise-t-elle. C’est certain que si nous devons retourner une partie de notre fonds de roulement, nous ne vivrons pas la même ampleur de l’impact budgétaire. Nous allons pouvoir vivre avec! »
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