Aidant naturel : bien plus qu’une simple béquille
Atteint d’Alzheimer, Jacques Bellemare peut compter sur l’aide de sa fille Maxime et de son épouse Jocelyne.
À 77 ans, Jocelyne Bellemare n’est pas à la retraite pour autant. Son métier : aidante naturelle. Un emploi à temps plein qui est parfois essoufflant, mais qui lui permet de garder son mari Jacques dans le confort de leur maison et, surtout, près de son coeur.
Si la maladie d’Alzheimer efface tranquillement la mémoire de son homme, elle n’efface pas les 55 ans de mariage! C’est pourquoi, depuis maintenant quatre ans, Mme Bellemare épaule son mari au même rythme que progressent les oublis.
« C’est de plus en plus épuisant, confie-t-elle. Au début, c’était seulement des petits oublis, mais ils grossissent maintenant. Il peut encore faire de petites tâches comme laver la vaisselle. Je souhaite le garder le plus longtemps possible à la maison. »
Pour celle qui peut également compter sur l’appui de sa fille Maxime, qui habite avec eux à Beloeil, l’avenir est incertain.
« J’ai beau avoir de la famille avec moi, je suis inquiète de ce qui pourrait arriver si je tombe moi-même malade. Malgré le fait que Maxime habite avec nous et que ma deuxième fille réside à Otterburn Park, elles travaillent et ont leurs propres obligations », dit-elle, ajoutant que sa fille aînée aide beaucoup pour l’entretien de la maison.
Au-delà de l’amour, certains jours sont plus difficiles. Comme beaucoup d’aidants naturels, Mme Bellemare n’est pas à l'abri de l’épuisement. « Je suis essoufflée parfois, avoue-t-elle. C’est demandant, car il faut toujours que je pense pour deux. Être un aidant, ça affecte notre caractère. Parfois, on en a assez et on pète une crise! »
Accompagner l’aidant
L’Alzheimer est une maladie difficile à comprendre, selon Mme Bellemare. Pour mieux vivre avec son mari, la Beloeilloise a obtenu de la formation grâce à des ateliers donnés par la Société Alzheimer des Maskoutains-Vallée des Patriotes.
« C’est intéressant dans tous les domaines. Sans formation, j’aurais été dans le néant. La maladie n’est pas très connue et on en parle peu. L’Alzheimer n’est pas très bien perçu dans la société. Il est donc parfois difficile d’avoir accès à la bonne information », mentionne-t-elle.
Cette dernière doit cette aide précieuse à Marie Christine Le Bourdais, qui est à l'origine du projet Parcours-aidant de la Société. L’étudiante de maîtrise en gérontologie analyse les aspects psychologiques et sociaux du vieillissement.
« Nous souhaitions donner les outils nécessaires aux proches aidants afin de les aider à mieux communiquer leurs difficultés, dit-elle. Nous travaillons ensemble sur le stress et le sentiment de culpabilité afin qu’ils soient en mesure de faire face aux comportements déroutants liés à l’Alzheimer. »
Selon Mme Le Bourdais, la plus grande difficulté de ceux vivant avec des gens atteints de la maladie est de s'adapter aux différents « deuils » au fur et à mesure que la maladie progresse.
« Les proches doivent s’adapter à la réalité de la personne atteinte d’Alzheimer, explique-t-elle. Ils comprennent mieux ce qui se passe et les frustrations sont ainsi diminuées. Les ateliers permettent de créer un réseau social formé de gens qui vivent la même chose. C’est important, puisqu’ils doivent aussi être capables d’en parler. »
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