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Mettre la violence conjugale K.-O.

« La violence conjugale existe chez les jeunes, mais est beaucoup plus présente chez les couples ensemble depuis un certain temps. Il y a donc souvent la présence d’enfants dans les dossiers », indique le sergent Pierre Tremblay, de la Régie.
Photo: Archives

« La violence conjugale existe chez les jeunes, mais est beaucoup plus présente chez les couples ensemble depuis un certain temps. Il y a donc souvent la présence d’enfants dans les dossiers », indique le sergent Pierre Tremblay, de la Régie.

Le combat pour éradiquer la violence conjugale est loin d’être gagné. Une femme sur quatre en sera victime durant sa vie. Une triste statistique qui concerne aussi la région, selon des intervenants du milieu.

En tout, 120 dossiers concernant la violence conjugale ont été ouverts à la Régie intermunicipale de police Richelieu−Saint-Laurent en 2011-2012, dans les cinq principales villes du territoire.

« Toutes les formes de violence sont présentes. Souvent, les femmes vont vivre plusieurs formes de contrôle. Il a toujours de la violence psychologique, quand il y a des actes physiques, car c’est la violence psychologique qui prépare la première claque », mentionne Céline Coulombe, coordonnatrice à la maison d’hébergement La Clé sur la porte de Saint-Hyacinthe.

Cette intervenante de premier ordre reçoit les femmes violentées de la Vallée-du-Richelieu dans la résidence dont l’adresse est tenue secrète. Mme Coulombe a accueilli 83 femmes et 73 enfants en 2012. Une situation qui ne surprend pas le sergent Pierre Tremblay, responsable des communications à la Régie.

« La violence conjugale existe chez les jeunes, mais est beaucoup plus présente chez les couples ensemble depuis un certain temps. Il y a donc souvent la présence d’enfants dans les dossiers. »

Les données de la police démentissent également le préjugé voulant que les cas de violence conjugale touchent davantage les familles à faible revenu. Sur les 55 dossiers ouverts en 2012, 36 cas ont eu lieu dans des maisons, contre 16 dans des logements.

« La violence conjugale traverse toutes les classes sociales. On voit les couples avec de belles grandes maisons, des autos, etc. Ils sont impliqués dans plusieurs causes, mais on serait étonné de voir ce qui se passe quand la porte de la maison se referme », indique Catherine Veronneau, organisatrice communautaire au Centre de femmes l’Essentielle, à Beloeil.

Cet établissement situé sur la rue Brillon aide environ 500 femmes annuellement pour différents problèmes, dont la violence. Puisqu’il n’y a pas de maison d’hébergement sur le territoire, une intervenante de la Clé sous la porte vient chaque semaine. Cette visite est précieuse pour Mme Veronneau, puisque ces femmes vivent souvent de la violence économique qui limite leurs déplacements.

« Ce n’est pas une perte de contrôle du conjoint, mais une prise de contrôle sur elle. » Catherine Veronneau, organisatrice communautaire au Centre de femmes l’Essentielle

« Cette forme de violence est très contrôlante, car les femmes ne peuvent pas travailler. Elles n’amassent donc pas leur propre argent et n’ont souvent pas de voiture. Le conjoint contrôle ainsi leurs déplacements. C’est un cercle vicieux qui crée de l’isolement. Rendues à la retraite, les femmes doivent toujours quémander de l'argent, car elles n’ont pas de fonds de pension. Les services doivent donc être accessibles localement. »

Une question de contrôle

Le contrôle de l’homme sur la femme est un élément central dans la problématique de la violence conjugale selon les deux intervenantes.

« Ce n’est pas une perte de contrôle du conjoint, mais une prise de contrôle sur elle. Lorsqu’une femme arrive, il faut surtout la croire et la déculpabiliser. On doit lui faire comprendre qu’elle a du pouvoir sur elle, mais pas sur lui. Elle ne pourra pas le changer », indique Mme Veronneau.

Avec un homicide par mois et une tentative de meurtre par semaine au Québec associé à la violence conjugale, Céline Coulombe estime que le problème n’est pas personnel, mais sociétaire.

« Le crime conjugal est le seul crime auquel on trouve des excuses, souligne-t-elle. On parle de la souffrance du conjoint et on veut l’aider. C’est malheureux, car tout ce qu’ils veulent c’est un gain, celui de l’asservissement. C’est une question d’égalité entre les hommes et les femmes », dit-elle, ajoutant que 82 % des victimes sont des femmes et que 98 % des agresseurs sont des hommes.

Malgré les statistiques accablantes, Mme Coulombe croit que le sort de ces femmes risque peu à peu de changer. « La sensibilisation auprès des femmes a de l’effet. Elles identifient maintenant plus rapidement leur situation. Quand on se retrouve à l’intérieur de la violence, on ne la voit pas. L’entourage aide de plus en plus les victimes et les femmes dénoncent leur agresseur après des relations plus courtes. »

 

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