Nous joindre
Publicité

Infections bactériennes transmissibles sexuellement

Un antibiotique comme «pilule du lendemain» pour prévenir certaines ITS?

Un antibiotique comme 'pilule du lendemain' pour prévenir certaines ITS?
Photo: La Presse Canadienne, 2023

La prise d'un antibiotique connu de longue date dans les heures qui suivent une relation sexuelle non protégée pourrait aider à freiner la propagation de certaines infections bactériennes transmissibles sexuellement (ITS), démontrent de nouvelles études.

La doxycycline est aujourd'hui utilisée pour soigner des problèmes de santé comme l'acné. Mais il y a cinquante ans, elle était prescrite aux marins américains qui débarquaient dans un port en prévision des rencontres qu'ils y feraient.

La pratique a été abandonnée au profit de la promotion du port du condom quand les ITS ont commencé à décliner et que le sida est apparu.

«Le problème avec l'idée de porter un condom, c'est que les gens ne le portent pas, a dit le docteur Jean-Pierre Routy, le directeur clinique du Service des maladies virales chroniques au CUSM. Donc, c'est comme accepter que certaines stratégies ne marchent pas, malgré des années d'information et d'éducation.»

De nouvelles recherches montrent maintenant qu'une seule dose de doxycycline prise dans les 72 heures qui suivent une relation sexuelle non protégée peut réduire le risque d'ITS jusqu'à 80 % dans certains cas.

La stratégie semble particulièrement efficace contre la chlamydia et la syphilis, et un peu moins contre la gonorrhée. Elle s'est révélée efficace parmi les femmes trans et parmi les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes, mais aucun bienfait n'a été constaté chez les femmes cisgenres.

Certaines ITS, comme la chlamydia, sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques, mais la doxycycline ne semble pas pour le moment contribuer au problème. Le médicament ne semble pas non plus interférer avec la flore intestinale des patients.

On constate depuis quelques années une recrudescence des cas d'ITS, a dit le docteur Routy, particulièrement au sein d'un sous-groupe de la population qui désire vivre sa sexualité sans la contrainte du condom.

«Ce qui est difficile pour nous, le personnel soignant, c'est que malgré toute l'éducation et toute la formation, ils viennent tous les deux ou trois mois, puis voilà vite, nettoie ça et hop, on recommence», a-t-il déploré. 

Malgré l'information sur le risque, sur la possibilité de résistance et sur la possibilité d'infecter d'autres personnes, poursuit-il, ce sous-groupe a une «revendication très émotive» de pouvoir vivre sa sexualité comme bon lui semble. «C'est comme ça que ça se passe aujourd'hui, qu'on le veuille ou non», a-t-il dit.

La présentation de la doxycycline comme une sorte de «pilule du lendemain» après une relation sexuelle non protégée risque bien évidemment de banaliser encore davantage la perception qu'ont déjà certains de problèmes comme la syphilis, la gonorrhée ou la chlamydia.

L'épisode récent de la variole du singe nous rappelle toutefois que circulent aussi des virus transmissibles sexuellement contre lesquels les antibiotiques ne peuvent rien, a rappelé le docteur Routy. On ne peut pas écarter la possibilité de voir de nouveaux virus commencer à se transmettre et provoquer une nouvelle épidémie.

«Donc, toujours on recommande l'utilisation du condom, même s'il est très peu utilisé et que les gens en ont marre», a dit le docteur Routy.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
SociétéPublié hier à 15h00

Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025

Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...

LIRE LA SUITE
Publicité
Les escaliers sont bons pour le cœur
SociétéPublié hier à 12h00

Les escaliers sont bons pour le cœur

Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...

LIRE LA SUITE
Publicité
Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse
SociétéPublié le 22 septembre 2026

Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse

S'il est bien documenté que l'apnée du sommeil puisse être une source de stress, une nouvelle étude québécoise décrit possiblement pour la première fois une association inverse entre les deux problèmes. Les chercheurs ont notamment constaté, lors d'expériences en laboratoire, qu'un isolement social chronique provoque des modifications ...

LIRE LA SUITE
Publicité

Contacter La Presse Canadienne