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Patinage artistique en voiture

La première neige amène certains conducteurs délinquants à faire du dérapage contrôlé sur les routes. Cette manœuvre périlleuse et interdite est toutefois un sport réglementé en circuit fermé. Le pilote professionnel otterburnois Jonathan Thiffault le pratique depuis 10 ans.

Le dérapage contrôlé, ou drift, provient du Japon. À l'origine, des jeunes s'amusaient sur des routes sinueuses de montages.

Ce sport automobile consiste en fait à contrôler le véhicule en le maintenant en dérapage dans les courbes. Très technique, certains le comparent à du patinage artistique en voiture !

Des juges évaluent la performance en fonction de la vitesse d'entrée dans le virage, la ligne de course et l'angle de dérapage. Le temps n'est pas pris en considération. Le pointage est aussi bonifié par le bruit des pneus, l'esthétique de la voiture et la fumée dégagée. Le but est de donner un spectacle.

Pour Jonathan Thiffault, le dérapage contrôlé permet de se défouler. « C'est de l'adrénaline à l'état pur. Ça prend beaucoup de courage pour lancer sa voiture dans un virage à 140 km/h et frôler le mur de béton. Il faut toujours pousser la limite au maximum. »

Le danger est en effet présent. Les voitures sont équipées d'une cage protectrice, d'extincteur et de ceintures de course. « Les compétions sont vraiment bien organisées, explique toutefois l'Otterburnois. L'aménagement est sécuritaire et il y a une ambulance sur place. Toutes les voitures sont inspectées pour être conformes aux règlements. »

Comme tous les sports automobiles, l'équipe entourant le pilote est importante. Jonathan Thiffault est épaulé par des mordus du dérapage contrôlé, qui l'accompagnent bénévolement aux compétitions afin de prendre en charge les éléments techniques.

Un sport dispendieux

Le dérapage contrôlé demeure méconnu au Québec. Les compétiteurs ont donc beaucoup de difficulté à trouver des commanditaires, contrairement aux États-Unis, où le sport est très populaire.

C'est d'ailleurs la principale difficulté de Jonathan Thiffault. « Pour rendre la voiture compétitive, il faut l'entretenir régulièrement afin que la mécanique soit impeccable. J'ai dû acquérir des notions de débosselage, car l'auto heurte souvent les structures. Aussi, les pneus coûtent extrêmement cher. Je peux utiliser jusqu'à 10 pneus par compétition. »

Les environnementalistes noteront que les pneus et les huiles sont recyclés.

Un sport en progression

La popularité du dérapage contrôlé est en hausse au Québec, les compétitions attirant souvent plus de 10 000 spectateurs. Certains complexes offrent de plus aux amateurs la possibilité de faire un essai en circuit fermé. Des forums et des groupes de discussions ont même vu le jour sur Internet.

Ce contexte est favorable pour permettre à Jonathan Thiffault de poursuivre sa progression. « J'améliore ma technique par essais et erreurs et j'observe la scène automobile. Le dérapage contrôlé devient un mode de vie. Je suis en continuelle progression. La seule barrière à mes objectifs est le budget alloué à la pratique. » L'Otterburnois reprendra le volant au printemps prochain pour la saison 2012.

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