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Étude de l'Université McGill

Mentir à un jeune âge est rarement lié à des troubles de comportement à l'âge adulte

Mentir à un jeune âge est rarement lié à des troubles de comportement à l'âge adulte
Photo: La Presse Canadienne, 2026
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Si la vérité ne sort pas toujours de la bouche de votre enfant, c'est parfaitement normal, révèle une étude de l'Université McGill, qui précise que les mensonges occasionnels à l'enfance influencent peu les comportements à l'âge adulte.

D'ailleurs, les résultats démontrent une diminution marquée de la quantité de mensonges racontés au fur et à mesure que les enfants grandissent.

«Ce comportement a tendance à diminuer au cours de l'enfance et de l'adolescence, et les jeunes mentent de manière occasionnelle, mais cela ne pose pas de problème. Mentir fréquemment n'est donc pas la norme», a souligné la Dre Victoria Talwar, autrice principale de l’étude.

Toutefois, chez une minorité d'enfants, pour qui le recours au mensonge s'est accru au fil des ans, ce comportement a pu être lié à des troubles de comportements, allant même jusqu'à avoir des démêlées avec la justice.

Pour parvenir à ces conclusions, des chercheurs de McGill, de l'Université de Montréal et du John Jay College of Criminal Justice de New York ont compilé des données recueillies par l'Étude longitudinale des enfants de maternelle au Québec. Ce projet de recherche a suivi 3017 élèves de l'enfance à l'âge adulte, dès leur première rentrée scolaire entre 1986 et 1988.

Des rapports périodiques de professeurs et de parents ont permis d'évaluer la fréquence des mensonges chez les jeunes, de même que leur niveau d'agressivité et d'impulsivité.

Le mensonge peut avoir des bienfaits

Cela dit, la Dre Talwar souhaite rassurer les parents. «Seule une petite minorité d'enfants présente une tendance à mentir de manière persistante», a-t-elle rappelé.

«Pour la plupart des parents, le fait de surprendre son enfant en train de mentir ne devrait donc pas être considéré comme un signal d'alarme. Il ne faut pas s'en inquiéter à long terme», a estimé la chercheuse, qui est membre de la Faculté d'éducation de McGill.

Cette dernière a ajouté que la capacité à mentir dès un jeune âge est d'ailleurs un indicateur positif de développement social.

«Il s'agit là d'une étape cognitive importante pour comprendre que les autres ont des pensées et des points de vue différents», a-t-elle expliqué.

«Ils comprennent aussi en quoi cela peut avoir des conséquences négatives pour les autres et pour eux-mêmes. Ils développent une meilleure maîtrise de soi, ce qui les empêche parfois de faire des bêtises pour inventer des menteries.»

Drapeaux rouges

La Dre Talwar espère que les conclusions de cette étude permettront d'améliorer l'encadrement des jeunes à risque de développer des comportements antisociaux en grandissant.

Lorsqu'un enfant semble adopter des comportements de plus en plus malhonnêtes et qu'il exprime de l'agressivité et de l'impulsivité, «c'est peut-être quelque chose qui mérite d'être examiné de plus près», a-t-elle relevé.

«C'est l'occasion d'en discuter avec des professionnels de la santé mentale, comme le psychologue scolaire ou les conseillers, car cela peut s'inscrire dans un schéma ou un profil de comportements plus problématiques, et une intervention précoce peut aider cet enfant dans son parcours», a expliqué Dre Talwar.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans le journal Development and Psychopathology.

Samira Ait Kaci Ali, La Presse Canadienne

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